Menu

Moreau : les humanimaux

0 Comments

Ces créatures de douleur

J’ai découvert l’histoire du Docteur Moreau à la télévision et, bien que j’ai été fasciné par les créatures de chacune des trois adaptations, quelque chose, dans leur physique, me déplaisait. Leur côté hybride tenait plus du morphing entre l’homme et la bête que d’ une vraie reconstitution d’humanoïde.
Quelques années plus tard, en lisant (enfin !) le roman de Wells, je me suis rendu compte de la tromperie ! Chacun des films avait opté pour un sérum/drogue/modificateur d’ADN qui transformait les animaux en homme –et parfois l’inverse. Scandaleux ! Dans le texte de Wells, notre bon Moreau est un champion de la vivisection, ce qui lui a d’ailleurs valu d’être banni par ses pairs de la société scientifique londonienne.Exit donc la mutation Jekylienne des animaux ! Non, ici, Madame, Monsieur, on charcute et on dépèce ! On réassemble des bouts de pattes, on coud des morceaux de peaux velues entre eux, on arrache griffes et crocs, on scie dans les chairs et les os. Et, surtout, on n’hésite pas à mélanger les espèces. Un loup et une chèvre ? Mais pourquoi pas, docteur ! Quelle bonne idée ! Un gorille et un taureau ? Mais faites-vous plaisir ! Nous ne sommes pas très loin d’un autre médecin génial : le docteur Frankenstein.

Mais prenez donc place! le docteur va arriver!

C’est le résultat de ces opérations sauvages, brutales et indécentes qui m’intéresse. Bien entendu, à notre époque, une telle méthodologie ne serait plus crédible, comme elle l’était pour les lecteur de la fin du 19ème siècle… Et c’est là que mon petit scénariste vient à la rescousse. Le principal problème réside dans l’idée que chairs et os ne peuvent cicatriser que lentement, voire pas du tout. « Et si on imaginait un sérum à base de plantes rares qui accélérerait la cicatrisation et régénérerait même certaines cellules ? » me lance Jonathan.Oui ! La voilà l’idée ! Certes, ça ne justifie pas scientifiquement les expériences de notre savant fou préféré, mais au moins nous avons un début d’explication.

Etrange, ce singe privé de sa fourrure, non?

A présent, je peux griffonner mes humanimaux (oui, nous commençons à les surnommer les humanimaux…) et en faire des créatures de douleur, tordues, bancales, hébétées… Mais émouvantes aussi, car pitoyables. Victimes misérables d’un mégalomane qui leur a donné un semblant de conscience… En vérité, ils ne sont que des esclaves ahuris, proches du patient lobotomisé qui se rend à peine compte de son existence…Bien sûr, j’ai puisé mon inspiration dans le monde animal, en veillant tout de même à ne pas associer des espèces trop différentes (même si Moreau n’aurait pas eu ce genre de scrupules) : un caïman et un renard par exemple…
Pour le reste, je n’ai pas lésiné sur les cicatrices, moignons et malformations.
Pour votre plus grand plaisir, amis lecteurs !

L’homme-porc (qui n’a rien à voir avec Harvey Weinstein, hein!).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *